Culture

Apprécier la poésie… Milk & Honey de Rupi Kaur

989a597010755468c3cf559c09db77b3Qui aurait cru que j’allais apprécier un recueil de poèmes ? Je suis la première à en être étonnée car je ne lis jamais ce genre de livres et je ne garde pas toujours de souvenirs très tendres de la poésie classique et encore moins de la poésie contemporaine. Cependant, de le voir partout, sur la blogosphère littéraire anglophone ou dans les librairies dublinoises que je fréquente, il était impossible de ne pas passer à côté. Ce livre fait parler de lui depuis quelques mois mais il a été publié en 2014 et j’étais curieuse de savoir pourquoi il faisait tant de bruit.

Les critiques sur Goodreads étaient aussi très divisées et elles semblaient à double tranchant : soit le lecteur adore totalement soit il déteste. Beaucoup critiquaient le style des poèmes, la redondance de certains thèmes. J’avais un peu peur en commençant ce recueil, sachant que je n’aime pas la poésie, que j’ai totalement perdu l’habitude d’en lire, de lire entre les lignes. Pourtant, je me place clairement dans la deuxième catégorie, de ceux qui ont adoré ce recueil sans réserve.

you must

want to spend

the rest of your life

with yourself

first

– rupi kaur

La première chose dont j’ai envie de parler est de la manière dont Rupi Kaur a écrit ses poèmes et qui a fait l’objet de nombreux débats. Il est indéniablement particulier. Elle fait une poésie qui est très orale. Il n’y a pas les mêmes rythmes que dans des choses plus classiques. La ponctuation, comme les majuscules sont quasiment absents. J’ai pu ainsi donner le rythme que je voulais mais le plus incroyable, ce fut la force de son style. Il n’y a pas de majuscules qui peuvent donner l’intonation et, parfois, certains textes m’apparaissaient comme des murmures, d’autres ressemblaient à des hurlements. Certains pouvaient être les deux à la fois. D’autres peuvent paraître redondants car ils explorent un même sentiment et ils varient seulement de quelques mots mais ils ont tout autant d’impact.

Rupi Kaur aborde différents sujets dans son recueil : son viol, ses différentes relations amoureuses, ses blessures, sa position de femme et le féminisme… Je me suis reconnue dans beaucoup d’entre eux, pas la totalité non plus car nous n’avons pas toujours les mêmes expériences de vie. Cela ne veut pas dire pour autant qu’ils ne m’aient pas touché ou bouleversé, bien au contraire. Elle réussit à nous faire vivre ses expériences à travers ses mots, ses sentiments les plus profonds. Par ailleurs, certains ont une résonnance particulière car ils sonnent familiers malgré tout. Je me suis reconnue dans certaines de ses douleurs, de ses questionnements, de ma position en tant que femme et de ma relation avec d’autres femmes. Elle m’a aussi fait réfléchir sur la question du féminisme et j’avoue que je n’y étais pas forcément préparée. C’est véritablement la première fois qu’un recueil de poèmes me bouleverse intérieurement à ce point. Je n’avais jamais compris ce que certaines pouvaient expérimenter à la lecture de poésie et je le comprends enfin. Il fallait juste trouver le bon recueil. Il semble que je l’ai trouvé.

your body

is a museum

of natural disasters

can you grasp how

stunning that is

– rupi kaur

En effet, il m’a introduit dans une autre forme d’expression que je ne pensais pas pouvoir me toucher profondément et pourtant… Milk & Honey fut le coup de cœur que je n’attendais pas, que je n’espérais pas. Je l’ai terminé il y a deux jours et j’ai encore tellement de mal à m’en défaire, à ne pas le feuilleter, relire certains poèmes qui m’ont énormément plu… J’ai tellement envie de le faire lire à mon entourage (j’ai déjà acheté un exemplaire pour l’anniversaire de ma petite sœur car je sentais qu’elle devait le lire), d’en parler encore et encore du texte, de certains poèmes en particulier… C’était à la fois beau, fort, émouvant, révoltant. Je suis passée par un grand nombre d’émotions et je commence déjà à chérir mon exemplaire et je crois qu’il deviendra bientôt plein de petites notes. Pour aller plus loin, avec ce recueil, j’ai aussi envie de continuer sur cette lancée et de découvrir beaucoup plus de ce genre littéraire, pas forcément la poésie classique mais bien plus la poésie contemporaine.

Culture, Livres

Conquérir la Gaule aux côtés de César… The Gallic War de Julius Caesar

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Parmi mes objectifs pour la nouvelle année, je voulais lire beaucoup plus de classiques de l’Antiquité gréco-romaine. Je me suis rendue compte que je ne les connaissais que trop peu ou partiellement. Or, je suis non seulement passionnée par cette période historique depuis bien longtemps mais je l’étudie aussi intensivement, notamment grâce à Erasmus.

The Gallic War, published on the eve of the civil war which led to the end of the Roman Republic, is an autobiographical account written by one of the most famous figures of European history. On one level a straightforward narrative of the campaigns Caesar fought against the Gauls, Germans and Britons, it also serves a deeper political purpose, revealing him as a commander of breathtaking flair, courage and persistence – a man of the people, a man without rival.

En commençant cet ouvrage, je me posais quelques questions. Quel est l’intérêt de lire encore aujourd’hui La Guerre des Gaules ? Pourquoi de tels textes ne suscitent plus qu’un intérêt limité ? Je me suis lancée dans l’aventure, sachant que j’avais plus ou moins les connaissances pour l’aborder en toute sérénité : j’avais eu un cours critique sur les sources romaines, j’avais déjà lu et étudié deux des livres.Mais cela ne veut pas dire que ce fut une lecture facile non plus. J’ai tout de même eu des difficultés à le lire dans la mesure où le texte m’a parfois semblé rébarbatif. D’un livre à l’autre, la manière dont il relate les différents événements ne change que très peu. L’impression que j’ai eu est que seulement le nom des tribus pouvait changer. C’est grossièrement présenté, je l’avoue, mais les premiers livres ne sont pas forcément ceux que je l’ai le plus apprécié. Je peux facilement comprendre pourquoi les textes antiques ne font pas l’unanimité. Ils peuvent facilement paraître ennuyeux.

Mais cela ne veut pas dire que ce fut une lecture facile non plus. J’ai tout de même eu des difficultés à le lire dans la mesure où le texte m’a parfois semblé rébarbatif. D’un livre à l’autre, la manière dont il relate les différents événements ne change que très peu. L’impression que j’ai eu est que seulement le nom des tribus pouvait changer. C’est grossièrement présenté, je l’avoue, mais les premiers livres ne sont pas forcément ceux que je l’ai le plus apprécié. Je peux facilement comprendre pourquoi les textes antiques ne font pas l’unanimité. Ils peuvent facilement paraître ennuyeux.

Cependant, ma lecture s’est tout de même améliorée à partir du quatrième livre, quand César arrive pour la première fois en Bretagne, l’actuelle Grande-Bretagne. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai pu noter des changements dans la narration de César. Il apportait enfin des nouveautés. Un autre passage m’a d’ailleurs passionné : il parlait des druides dans une peuplade, de leurs rôles, comment ils se plaçaient dans la société… J’ai toujours été intéressé par ce groupe social un peu mystérieux. Au final, tout n’est pas ennuyeux d’un bout à l’autre, bien au contraire, et j’ai trouvé mon compte. Je me souviendrai de cet ouvrage non pas pour les récits des différentes guerres mais pour les informations sur la découverte d’un nouvel endroit, sur des particularités de certains peuples. Il y a véritablement plusieurs manières de lire cet ouvrage : la tactique militaire, la vie militaire, un peu d’ethnographie…

Par ailleurs, j’ai apprécié cette manière très particulière et relativement connue de s’exprimer de Jules César. Il parle de lui à la troisième personne : « César a fait… », « César a ordonné… ». La Guerre des Gaules est un texte qui servait à César de faire sa propre promotion dans le but d’augmenter son prestige à Rome. J’ai aussi trouvé qu’il y avait un côté plus actif à ce choix stylistique. Toutefois, là où j’ai été le plus étonnée, c’est quand il relatait les batailles qu’il menait, les tactiques militaires. Ce n’est pas forcément l’aspect de l’ouvrage qui m’a le plus passionné mais force est d’avouer qu’il avait un talent indéniable pour les raconter, les faire vivre. Ces passages sont plutôt prenants, aussi étonnant que cela puisse paraître.

La Guerre des Gaules n’est pas un ouvrage aisé à lire mais je suis ravie de pouvoir le considérer comme lui. Je comprends parfaitement les réticences à cette lecture. Ça se lit tout de même très bien mais il peut être difficile. En tant qu’étudiante en histoire de l’art qui espère se spécialiser petit à petit en art antique, je ne pouvais pas passer à côté.

tumblr_nj9o7jdaph1tmsfhoo6_250Mes recommandations

+ Pour les livres, je ne peux malheureusement pas vous en recommander. Si César est un de mes personnages historiques préférés, je n’ai que peu lu de biographies de lui. Peut-être une prochaine fois !

+ Du point de vue des films et séries, je vous en recommande une en particulier, Rome. Elle comporte deux saisons et, comme toute série HBO, c’est vraiment bien. La série commence à peu près quand César passe le Rubicon. En lien, je vous mets la fiche Sériebox de la série. [Rome]

+ J’ai écouté plusieurs titres durant ma lecture mais, définitivement, la bande originale du film Le Roi Arthur qui a ce qu’il faut d’épique pour renforcer des batailles relatées. [Hans Zimmer ~ King Arthur]

Culture, Musique

Playlist >> Les cinq titres qui m’ont accompagné durant 2016

Parmi tous les bilans de 2016 que j’aurai pu faire, j’ai choisi de présenter les cinq titres que j’ai écouté quasiment en boucle durant l’année et qui sont devenus désormais des essentiels. Il suffit que je les entende pour danser, chanter…

Sia – Cheap Thrills

C’est simple, du moment où je l’ai entendu pour la première jusqu’à aujourd’hui, je l’écoute une fois par jour et je ne m’en lasse pas. Dès que j’entends les premières notes, je ne peux pas m’empêcher de chanter et de danser. Cette chanson, c’est quasiment quatre minutes de bonne humeur.

Emeli Sandé – Hurts

2016 fut aussi marqué par le retour sur le devant de la scène d’une artiste que j’adore. Son premier album avait été un immense coup de coeur et j’attendais avec impatience le deuxième. Le premier titre sorti est Hurts et, depuis, je l’écoute en boucle. C’est du pur Emeli Sandé avec une voix incroyable, un très bon rythme, de très belles paroles. Je reste fan.

First Aid Kit – Stay Gold

Parmi mes découvertes musicales de l’année, il y a ce groupe de folk venu des pays nordiques, First Aid Kit. Je les ai entendu la première fois dans une des publicités de Renault et, depuis, je ne me lasse pas d’elle. C’est de la folk telle que je l’aime : avec un côté lumineux et entraînant, parfois mélancolique… Elles commencent presque à remplacer les Mumford & Sons dans mon coeur.

Lady Gaga – Million Reasons

Ma relation avec Lady Gage est toujours un peu compliquée. Très souvent, j’aime énormément ses chansons mais j’aitout de même beaucoup de mal avec son personnage. Million Reasons est ma plus grosse surprise de l’année. Cette chanson est magnifique et me donne la chair de poule à chaque fois que je l’écoute. J’aime cette Lady Gaga plus sobre, plus dans l’émotion.

Bishop Briggs – River

Je ne pouvais pas finir ce top cinq des titres qui m’ont accompagné tout au long de 2016 sans parler d’un de mes tous premiers coups de coeur musicaux de l’année, Bishop Briggs que j’ai découvert grâce à son titre River. Cette chanson est tout bonnement incroyable, tout comme l’univers de cette jeune artiste. Je ne peux que recommander de l’écouter et de ne pas vous arrêter à ce titre.

Ces autres titres qui auraient aussi pu apparaître dans ma playlist : Ed Sheeran – Photograph // Adele – Send my love (To your new lover) // Grace – You don’t own me // Rag’N’Bone Man – Human
Culture, Livres

Résister aux Allemands en sauvant la vie de nombreux enfants… The Safest Lie d’Angela Cerrito

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Pouvons-nous encore rester original tout en abordant une nouvelle fois la Seconde Guerre mondiale ? Je me pose toujours la question à chaque fois que je commence un nouveau livre sur le sujet. La réponse est bien souvent positive. Je découvre toujours d’autres points de vue, des aspects que j’ignorais… The safest lie rentre dans cette dernière catégorie. Mais avant d’aller plus loin, je vous propose de découvrir un résumé du livre.

In 1940, nine-year-old Anna Bauman and her parents are among 300,000 Polish Jews struggling to survive the wretched conditions in the Warsaw ghetto. Anna draws the attention of Jolanta—the code name for the real-life Resistance spy Irena Sendler, who smuggled hundreds of children out of the ghetto. Jolanta wants to help Anna escape. Anna’s mother drills her day and night, teaching her a new identity, that of Roman Catholic Anna Karwolska. Soon Anna is whisked out of Warsaw to a Catholic orphanage and then to a foster family.

Anna’s story is a suspenseful and deeply moving account of the sacrifices endured, the dangers faced, and the heroism demonstrated by courageous young victims, their parents and their saviors. It sheds light on yet another tragedy of the Holocaust: rescued children who lost not only their loved ones, but their very identities and Jewish heritage.

A travers ce roman, l’auteur rend notamment un bel hommage au courage d’Irene Sandler qui sauva de nombreux enfants Juifs du ghetto de Varsovie. Elle se fit d’ailleurs arrêter et torturer mais elle ne révélât rien aux Allemands. Angela Cerrito l’a d’ailleurs rencontré pendant l’écriture de ce livre et cela s’en ressent à la lecture par l’évocation de toutes les étapes du placement d’Anna grâce à un réseau de résistants, d’inconnus qui lui viennent en aide.

La première partie développe un peu plus cet aspect en montrant la manière dont Anna est finalement sauvée. Cependant, le plus intéressant réside dans la focalisation choisie. En effet, tout est montrée à travers les yeux du personnage principal. Toutefois, lors de ma lecture, je me suis plus focalisée sur d’autres aspects et notamment les sentiments, les sacrifices consentis, par les parents en particulier. Ils doivent renoncer à leur fille unique, sans être sûrs de savoir s’ils la reverront un jour, en la confiant à des inconnus. Ils font preuve de beaucoup de courage et le lecteur peut facilement imaginer les arguments en faveur mais aussi contre son départ.

Tout ce qu’Anna Bauman voit et ressent, l’auteur les a très bien décrits et le lecteur partage les différentes sensations du personnage principal. J’ai vécu cette horrible et difficile aventure en même temps et aux côtés d’Anna. J’avais l’impression d’être comme une confidente. Indéniablement, l’expression des différentes émotions est très bien dosée, sans jamais en faire trop. J’ai tremblé avec elle, en espérant qu’elle ne fera pas un faux pas, que jamais la vérité ne sera découverte… J’ai vraiment été prise dedans et il était impossible de le lâcher avant de connaître la fin, de savoir si elle survivra à la guerre, si elle retrouvera ses parents sains et saufs… Pourtant, le livre fait moins de deux cent pages mais il concentre tout un tas d’émotions.

Cependant, j’ai trouvé la fin frustrante mais dans le bon sens du terme. Elle est relativement ouverte et elle laisse imaginer au lecteur ce qu’il peut advenir d’Anna et de sa famille. J’ai pu donner la fin que je voulais à cette histoire et j’ai toujours tendance à donner des fins plus que positives car j’ai tendance à croire qu’après toutes les épreuves qu’un personnage traverse, il y aura toujours une fin heureuse pour lui. Malgré tout, j’aurai aimé avoir la version de l’auteure par l’addition d’un dernier chapitre ou d’un épilogue. Mais, globalement, je garde tout de même un très bon souvenir de ce roman.

Je n’irai pas non plus jusqu’à le qualifier de coup de cœur mais il n’en était pas loin. Pour être mon coup de cœur, il manquait peut-être un peu de réalisme. Les horreurs de la guerre sont simplement évoquées. C’est un roman parfait pour un public très jeune, pour les introduire à la Seconde Guerre mondiale, à travers le destin d’une jeune enfant Juive. En tant qu’adulte, ce qui m’a intéressé, c’est surtout la manière dont Anna voulait à tout prix se souvenir de sa vie d’avant, de sa culture juive… C’étaient plus des questions d’identités culturelles. C’est un sujet qui m’intéresse énormément et je l’ai trouvé bien aborder.

Chroniques des autres participants à la lecture commune : Aveline

Mes recommandations

Pour un roman autour de cette thématique des enfants sauvés pendant la guerre, je vous recommande Les enfants de Willesden Lane de Mona Golabeck. L’auteur raconte son histoire, certes d’une manière romancée mais il y a un fond de vérité. [Fiche]

Je n’ai malheureusement pas de films à vous proposer en rapport.

Pour une musique, pour vous plonger encore plus dans cette histoire, je vous recommande d’écouter la bande originale du film La liste de Schindler et notamment le thème principal qui me tire des larmes à chaque fois et qui est aussi parfait pour cette lecture. [Main theme]